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NAISSANCE DE RUELLE SUR TOUVRE
Nul ne sait comment réagirent les habitants de notre verdoyante vallée lorsque les éléphants de PUBLIUS CRASSUS, général romain, vinrent piétiner le sol. Nous ignorons s’ils aidèrent ECOLISMA devenue wisigothe à lutter contre l’ambitieux CLOVIS qui fut blessé à la jambe au cours de son assaut… Aucune anecdote ne nous rend compte de l’effroi des indigènes lorsque les drakkars normands aux proues inquiétantes pénétrèrent sur les eaux vertes de notre rivière – car ces intrépides hommes du nord explorèrent certainement ses rives en quête de quelques butins… La bataille sur les murailles d’ANGOLESME fut rude et ce n’est point impunément que le Comte GUILLAUME, seigneur du lieu, réussit à pourfendre du haut en bas l’un de ces barbares en y gagnant le nom de « TAILLEFER ». Il nous est permis de rêver… Mais nous avons la certitude que RODELLA existait alors. Son nom provenant du gaulois « ru » voulant dire « gué » avait pris une tournure romaine. Mais déjà s’annonçait « RUELLE » dont la consonance évoque un bruit d’eau et un frais clapotis. Quelques maisons de paysans se blottissaient déjà près de son église qui les protégeait, il est vrais, par son insignifiance même. Dans le pouillé (1) de l’Abbé NANGLARD, il est dit qu’en 1080, existait l’église SAINT-MEDARD DE RODELLA. Cette belle vallée limoneuse traversée d’est en ouest par un cours d’eau large et paisible, dominée par des coteaux aux terres calcaires chaudes, vit naître peu à peu quelques riches propriétaires. (1)Pouillé : nom masculin (du latin polyptychum). Etat des bénéfices ecclésiastiques d’une province ou d’un royaume.
HISTOIRE DE RUELLE SUR TOUVRE
AU MOYEN AGE, Ruelle sur Touvre était constitué de quatre fiefs indépendants les uns des autres. S’ils ont laissé quelques vestiges, ils ont surtout contribué à définir quatre des nombreux hameaux constituant l’actuelle commune : Bourg, Villement, Fissac et le Maine-Gagnaud. Mais ce fut l’implantation de la forge par Montalembert en 1750, qui entraîna le développement considérable de Ruelle sur Touvre, drainant au début du XIXème siècle un grand flux de population venue chercher du travail. Ainsi selon les recensements, en 1821 la commune compte 1211 habitants et 2032 en 1876, soit près du double en peu plus de 50 ans. Cet apport de population suscita la modification du paysage urbain. Ce sont tout d’abord les moyens de communication qui furent privilégiés. Un pont sur la Touvre fut installé en 1838. Dès 1865, on aménagea le réseau ferroviaire. La ligne Angoulême-Limoges fut mise en service en 1875. Puis, afin de faciliter l’acheminement de la population angoumoisine jusqu’à Ruelle sur Touvre, le réseau de tramway fut mis en place de 1899 à 1907. Enfin, de 1960 à 1975, pour répondre à la demande de la population toujours plus nombreuse, la commune fut dotée de nombreuses infrastructures : cités H.L.M., écoles primaires, collège, lycée professionnel, salles omnisports, centre culturel … Ainsi, ce village situé à 6 kilomètres d’Angoulême devint grâce à sa situation sur la Touvre et à la volonté d’un homme, Montalembert, l’un des pôles économiques du département.
D'après "Ruelle : Patrimoine de l'Angoumois" / Via Patrimoine |